Le leadership en situation de crise doit-il privilégier le charisme ou la vision ?
Les pays à revenu faible comme Madagascar, disposent de populations jeunes et manquent cruellement de leaders engagés et suivis. On note les différents programmes de leadership, ici et là mais qui ne s’adressent qu’à un nombre infime de bénéficiaires comparés aux besoins du pays.
Auparavant basés sur la confiance, et dans de nombreux cas, basés sur le droit d’aînesse, le type et le niveau d’engagements des suiveurs envers leur leader sont difficilement mesurables, une situation amplifiée par l’utilisation plus importante des médias et des réseaux sociaux. A titre d’exemple, capitalisme oblige, les profils des anciens Présidents malgaches peuvent témoigner de ces changements de tendance, allant de l’instituteur en passant par des hommes en treillis pour finalement privilégier des profils venant du monde des affaires après les années 2000.
Les suiveurs utilisent ainsi des filtres afin d’apprécier les qualités d’un bon leader, que ce soit sa vision ou son charisme. Nous pouvons voir dans la société, des leaders politiques, religieux, économiques ou autres qui sont charismatiques, briller à leur manière afin de travailler sur leur charisme et d’instaurer leur leadership. En effet, on dit souvent que l’efficacité du leader dépend directement de la perception que les personnes ont de lui. Nous avons comme exemple les show-off et autres « werawera » auxquels nos leaders malgaches et également africains ont tendance à recourir dans beaucoup de leurs apparitions et représentations au public, à la différence des leaders occidentaux.
Il faut ainsi savoir bien distinguer les verbes « briller » et « brûler ». Les conséquences de ces actions sont très différentes. Automatiquement, les gens filtrent autant que possible les leaders suivants des critères plus profonds afin de ne pas être déçus en perdant leur temps à suivre un leader qui ne le mérite pas, que ce soit au niveau spirituel, politique, intellectuel, artistique ou autre. Finalement, personne n’est dupe, comme le dit la Chanson de Mr Saida « Samy kopy fa mody mitapy ».
Le leader doit faire une chose pour ceux qui le suivent. Il devrait y avoir par exemple un effacement de soi face à un objectif commun, et surtout un objectif plus noble et plus grand et dont les réalisations seront à l’avantage de ceux qui suivent un leader. La vision et le charisme, d’après les études, sont les points les plus importants pour augmenter l’influence du leader. C’est le dosage entre les deux qui est le plus important si l’on veut par exemple ressembler à un Poutine qui attaque un pays et consent à dépenser pour une guerre et à un Zelensky qui remue ciel et terre pour défendre un territoire et diriger une résistance.
Force est de constater que dans notre pays, Madagascar, il est facile d’avoir le charisme devant des gens qui sont en grande partie en situation de survie, en se pavanant et en montrant notre plus beau plumage. Ceci permet d’attirer l’attention, par contre si on veut demander à la population plus d’efforts comme une guerre ou une résistance ou une lutte contre l’inflation ou une incitation à travailler plus dans notre nation, ce même charisme doit se baser sur d’autres critères moins superficiels. C’est ainsi que l’on constate que les leaders dans presque beaucoup de domaines à notre niveau ne disposent que d’un nombre assez limité de partisans qui, eux, au moins, n’étant pas dupes, tirent directement des bénéfices des actions menées par leur leader.
Normalement, le phénomène des réseaux sociaux peut être un indicateur pour savoir plus ou moins notre influence. Par contre, notre capacité d’action sera fonction notamment des engagements de nos followers. A nous, malagasy de voir si nous voulons suivre le leader sur la base de son charisme ou de sa vision. Qu’en dites-vous ?
