Le militant écologiste Henri Rakotoarisoa sauvagement assassiné : l’amour de la patrie et le respect des ray aman-dreny oubliés
A Madagascar, il y a ceux qui luttent pour la préservation de nos ressources naturelles et ceux qui les détruisent. Henri Rakotoarisoa, 70 ans, faisait partie de la première catégorie. A travers son association VOI Mialo, ce militant écologiste s’est illustré dans la protection de l’environnement, et en particulier d’une parcelle de forêt primaire située entre les districts de Moramanga, Manjakandriana et Andramasina. Depuis quelques années, il dénonçait les pratiques de coupes illégales du bois par des trafiquants, ce qui lui a déjà valu des actes d’intimidation de leur part. Mais nous avons appris récemment que cet activiste a été froidement tué. Revendiquant le crime, une trentaine de personnes se sont rendues à la gendarmerie. Ils ont été déférés au parquet ce lundi 13 juin.
Aujourd’hui, les organisations nationales et même internationales (y compris les Nations Unies) en appellent à tous et surtout à l’Etat pour mieux soutenir les communautés locales engagées dans la protection de l’environnement. De plus, face à cet odieux massacre et à l’approche de la fête nationale, nous pouvons revenir à la question du respect des valeurs malgaches. La protection de nos ressources naturelles ainsi que le respect de nos compatriotes et en particulier des ray aman-dreny ne font-ils plus partie de nos valeurs ? Aimons-nous véritablement notre pays, notre patrie ? Y a-t-il un manque d’éducation ou tout simplement de l’égoïsme ? Il faudrait plus de militants à Madagascar, avec des engagements exemplaires comme ceux de Henri Rakotoarisoa. Mais au lieu de lutter pour préserver notre île et ses valeurs, certains tuent ceux qui le font. Il y a donc là matière à réflexion : si nous voulons que notre cher pays se développe, que la richesse de sa faune et de sa flore soit sauvegardée et que nous retrouvions nos vraies valeurs, il appartient à chacun et à chacune de passer à l’action.
