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Entrepeneuriat : Le mot d’aujourd’hui est « Perte Acceptable » ou « Affordable loss »

C’est le deuxième principe de l’effectuation. L’effectuation est une vision pragmatique de la création d’entreprise dont la théorie a été développée par la chercheuse et professeur d’entrepreneuriat Saras Sarasvathy en 2001, après avoir constaté que la plupart des entrepreneurs ayant réussi n’avaient pas suivi le processus classique de création d’entreprise (idée > étude de marché > business plan > recherche de financements…) mais au contraire un processus beaucoup plus personnel, fondé sur les ressources à disposition et sur les opportunités qui se présentent.

Dans une approche classique (la causation), toute décision demande un investissement qu’il faut rentabiliser. Le raisonnement en pertes acceptables part du principe qu’au lieu d’étudier la rentabilité de la décision, il s’agit de rechercher l’investissement optimal que l’on peut réaliser sans dégrader la situation actuelle. C’est répondre à l’interrogation : que peut-on investir même si la décision n’aboutit pas ? Les décideurs ont tendance à utiliser le raisonnement en pertes acceptables lorsqu’ils agissent dans des contextes incertains et souvent évolutifs où l’absence d’informations objectives rend la prévision très aléatoire. Dans ces environnements, la prise de décision classique peut être ralentie ou stoppée par l’absence de certitudes quant aux résultats alors que le raisonnement en pertes acceptables, n’étant pas directement lié aux résultats, permet de progresser.

Ainsi, en fin de compte, les pertes acceptables sont des investissements et sont des concepts qui ont été adoptés par de nombreux entrepreneurs et de nombreux bâtisseurs. Prenons l’exemple de la conquète de l’Imerina par Andrianampoinimerina. Au départ, il n’est pas certain des gains de ses expéditions et s’il a quitté sa petite localité pour commencer à attaquer et à soumettre les localités environnantes, il n’était pas certain du nombre de ses soldats. À  Anosizato, ils étaient une centaine, à Fenoarivo, on a dit qu’ils étaient mille. C’est le même exemple pour la construction des pyramides égyptiennes, du Taj Mahal, de la tour eiffel et d’autres monuments nécessitant des investissements importants.

L’aide au développement donnée par les pays amis suit également ce principe. Dans les donations en Afrique par exemple ou d’autres coopérations bilatérales, les donateurs ne sont pas certains au départ  que les aides parviendront à 100% aux cibles initiales. Certainement, une grande partie de ces aides vont retourner dans leur pays pour acheter les matériels, formations et autres expertises. Beaucoup de ceux qui détournent les fonds vont acheter des villas/appartements en Europe ou vont envoyer leurs enfants en Europe ou acheter de belles voitures européennes.  Les crédits politiques qu’ils peuvent avoir seront conséquents pour conduire des discussions dans les négociations sur les matières premières et autres positions stratégiques. En comparant les coûts/avantages, même si des fonds seront perdus et détournés, ces aides permettent non seulement de soulager la conscience, d’augmenter la visibilité des actions et gagner des contreparties.

Les malagasy disent « ny manantena tsy misy no sarotra fa ny mamoy mora foana » et également « domiko tapany handoa erany ». Si jamais il n’y a pas de gains à l’issue des actions, il faut juste oublier et passer à autre chose.  On accepte les pertes. Mais la question est : qui gagne au final ?

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