Le cichlidé de Mangarahara – Joba mena, un poisson qui tient bon
Le cichlidé de Mangarahara ( Ptychochromis insolitus )
Le cichlidé de Mangarahara ( Ptychochromis insolitus ), appelé Joba mena , est un petit poisson d’eau douce endémique du nord de Madagascar. Classé « En danger critique d’extinction » sur la liste rouge de l’UICN, il est menacé par la perte de son habitat , la pêche artisanale et la concurrence des espèces introduites comme les tilapias.
Après la mort de la dernière femelle connue en captivité, sa situation a déclenché une mobilisation internationale : le Zoo de Londres a lancé une campagne pour retrouver les derniers individus. En 2013, l’entrepreneur aquacole Guy Tam Hyock en découvre quelques‑uns dans une rivière presque à sec, et des programmes de reproduction à Madagascar et au Zoo de Toronto sauvent symboliquement l’espèce d’une disparition totale.

Un poisson au charme insolite
Le Joba mena a été décrit spécifiquement en 2006 à partir de spécimens des rivières Amboaboa et Mangarahara , près de Mandritsara . Son nom malgache, Joba mena , signifie « fille rouge » , en référence aux longues nageoires dentelées des mâles, bordées de rouge vif. L’espèce peut atteindre environ 25 cm , avec un corps élancé et un look très marqué, d’où son nom scientifique insolitus : « étrange » ou « inhabituel ».

Menaces et espoir
Le Joba mena survit dans une aire de répartition minuscule, déjà fortement dégradée par la déforestation , les barrages et les prélèvements d’eau pour l’agriculture. La pêche non régulée et l’arrivée de poissons envahissants complètent ce tableau inquiétant.
Heureusement, des projets de reproduction en captivité et de sensibilisation autour de cette espèce continuent de maintenir un mince mais tenace espoir pour le Joba mena – un petit poisson qui raconte une grande histoire de résilience et de respect de la nature .

