Pagaille à Antananarivo, la « vitrine » du pays…
Ces derniers jours, le sujet qui fait l’actualité et qui suscite une vive polémique concerne le nouveau plan de circulation mis en place par la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA). Depuis le 22 mai dernier, un réaménagement important a été effectué à Ambohijatovo et Analakely, afin de fluidifier le trafic. En effet, la plupart des rues de la capitale se caractérisent aujourd’hui par une forte concentration de véhicules, notamment avec la présence massive des deux-roues motorisés. Sans surprise, les modifications ont engendré des plaintes de la part des usagers de la route car les bouchons ont considérablement augmenté. Surtout les premiers jours, la pagaille était au rendez-vous. A ces embouteillages s’ajoute pourtant la pollution. Selon Météo Madagascar, la qualité de l’air a été généralement malsaine entre le 20 et le 26 mai 2022, en particulier pour les personnes sensibles, notamment à Ambohidahy, une zone non loin de l’axe qui a connu un changement.
Mais au-delà de ce nouveau plan de circulation, ces difficultés mettent en lumière les véritables circonstances dans lesquelles les Tananariviens vivent, et les problèmes auxquels les dirigeants doivent faire face. Par exemple, on observe une forte augmentation du nombre de véhicules en circulation. Pourtant, les rues ne sont pas assez larges pour créer de nouvelles voies, les marchands envahissent les trottoirs et installent même parfois leur étal sur la route, les panneaux de circulation sont quasiment inexistants ou non respectés, et pour rendre les choses encore plus compliquées : les deux-roues -scooters, motos et même vélos- se multiplient ! On dit souvent qu’une capitale est la vitrine d’un pays. Peut-on dire que le désordre des rues d’Antananarivo reflète le contexte général à Madagascar ? Et nous n’avons même pas abordé l’état des chaussées… mais chacun est libre de porter ses propres jugements. En tout cas, il appartient aux gouvernants de gérer toutes les facettes de cette situation et de prendre les mesures les plus efficaces pour les habitants de la capitale. Trouver les meilleures solutions ne se fera pas du jour au lendemain. Il faudra du temps, des études, mais il est aussi important que les usagers de la route y mettent du leur. L’éducation et la sensibilisation (voire la conscientisation) de tous devraient donc aussi constituer une priorité.
