L’inclusion financière est- elle une chimère ou une utopie ?
« L’inclusion financière est à prendre à bras le corps. Y parvenir, passe par une approche écosystème, incluant l’ensemble des acteurs : fournisseurs, distributeurs, utilisateurs des services financiers et régulateurs. Il faut aussi et surtout bâtir des infrastructures solides et fiables qui donnent confiance et l’accès à moindre coût pour stimuler le développement », affirme Bruno Aka, chargé principal des Systèmes de paiement et de l’Inclusion financière digitale à la Banque africaine de développement.
La semaine dernière, le bureau de la Banque Mondiale à Madagascar a publié une note sur l’inclusion financière. La note était très bien développée. Par contre, on constate depuis quelques mois la recrudescence des ventes aux enchères par les institutions financières pour recouvrer leurs avoirs auprès de leurs débiteurs. Avec la situation de crise, les entrepreneurs ont du mal à faire face aux charges financières. Dans la note de la banque mondiale, il faudrait, selon un spécialiste, travailler sur le problème des taux d’intérêt qui handicapent fortement l’économie. La notion d’effet de levier doit être bien étudiée afin d’éviter de se retrouver avec beaucoup d’impayés, sauf si c’est également un objectif de surendetter et de décapitaliser les entrepreneurs.
Une grande partie d’entrepreneurs Malagasy refusent, par principe (parfois hérité fois de leurs aînés), de travailler avec les banques comme ils auront certainement du mal à rembourser le capital avec les intérêts. Ils travaillent et continuent à travailler sur leur fonds propre pour développer comme ils peuvent leurs activités. Dans beaucoup de cas, ils immobilisent leur épargne dans des pierres et n’utilisent les comptes bancaires que pour leurs opérations courantes. Ceci a ses avantages mais également ses inconvénients.
En attendant, les experts devraient nous expliquer ces taux d’intérêts exorbitants (14% de taux de base bancaire, +4 points jusqu’à plus 15 points au sein des institutions financières actuelles) et les solutions pour les ramener à des niveaux acceptables, comme le demandent des entrepreneurs que nous avons contactés, sinon, on va continuer à faire comme nos aïeux nous ont prescrits « Sao bokan-trosa any ise fa aza mankany ».
