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Des « professionnels de la politique » à Madagascar ?

Les hommes et femmes politiques, les « politiciens » à Madagascar, sont souvent critiqués et moqués, parfois de façon de très violente. Aujourd’hui, faire de la politique est devenu un véritable métier, car ils sont de plus en plus nombreux à vivre « pour et de la politique », selon une expression empruntée à Max Weber. D’un côté, celui qui vit de la politique tire son revenu de l’exercice de fonctions politiques, il peut être élu, gouvernant, etc. De l’autre, celui qui vit pour la politique doit être indépendant économiquement, il s’agit en général de riches personnalités.

Nous pouvons le constater, ceux qui se professionnalisent dans ce métier à Madagascar disposent déjà d’une certaine stabilité, en particulier sur le plan financier. C’est pourquoi la plupart d’entre eux sont de riches entrepreneurs. Malgré cette situation, la source de revenu du pouvoir politique incite les acteurs à faire passer les intérêts de leur carrière avant ceux de la nation. De plus, corruption, clientélisme et divers abus caractérisent souvent ces politiciens. Une affaire de ce genre a d’ailleurs éclaté il y a tout juste quelques jours. En effet, Vaonalaroy Randrianarisoa, ancienne ministre de l’Artisanat et de la Culture sous le régime de Rajaoanarimampianina, a été placée sous contrôle judiciaire pour des affaires d’escroquerie et d’abus de confiance. Également ancienne députée de Brickaville, elle est notamment poursuivie pour une affaire d’émission de chèque sans provision d’un montant de 23 millions d’Ariary. Mais d’autres exemples sont déjà connus : d’autres ministres sous le régime actuel sont aussi concernés, à l’instar notamment de l’ancien ministre de la Justice, Herilaza Imbiki, contraint de démissionner de son poste pour des soupçons de rackets.

Peut-on alors dire que nos politiciens sont de véritables professionnels ? Si c’est le cas, dans quels domaines excellent-ils ? Une chose est sûre, les taux d’abstention élevés lors des différents scrutins au suffrage universel direct prouvent que les citoyens ont fini par se désintéresser de la chose publique. Les actions de ces personnalités politiques ont probablement déçu le peuple qui, ne voyant aucun changement positif au sein du pays, a fini par se désengager de la participation politique. 

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