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Paradoxe : Pourquoi dit-on que Madagascar est un pays pauvre ?

Pendant nos années de lycée, on nous a demandé de développer des textes. A cette époque, les instructions étaient de comprendre d’abord les grandes notions dans le sujet et d’analyser ensuite leurs interrelations. Dans ce titre, on a les notions de paradoxes, de pays et de pauvreté.

Madagascar est un pays.  A ce stade, définir un pays n’est pas si difficile, quoique la maîtrise de la notion de pays, nation et patrie est une autre histoire, si on ajoute la question de souveraineté et indépendance, l’affaire se corse.

La Pauvreté.  A priori, c’est une notion facile à appréhender puisque ce n’est qu’un seul mot. Mais si on pousse la réflexion, elle devient très difficile à cerner et à comprendre. Comme Madagascar est un pays majoritairement composé de chrétiens, la définition de la pauvreté dans les livres saints est très différente de la définition proposée par le capitalisme moderne. Le christianisme et le capitalisme moderne sont deux modes de pensées imposées directement (Pendant la colonisation et même maintenant avec beaucoup de campagnes d’évangélisation dans les pays du sud) et également subtilement et intelligemment avec le capitaliste triomphant à l’instar d’Edward Bernays, le Saint père de la propagande moderne.

Rien qu’en lisant la question, on aurait du mal à ne pas être hors sujet puisque certainement, vous savez que votre professeur aura une idée très tranchée sur ces questions. Le niveau de stress monte alors si vous devez absolument réussir votre devoir. Une autre étape pour mieux cerner la question est de définir la notion de paradoxe. Heureusement, au moins on a quelques informations sur cette notion.

En premier lieu, nous vous proposons de comprendre ce mot paradoxe en lisant le livre « L’énigme et le paradoxe » Economie politique de Madagascar de Mireille Razafindrakoto, François Roubaud, Jean-Michel Wachsberger. Voici le synopsys dans les pochettes du livre. La situation économique de Madagascar est singulière à plus d’un titre. D’une part, le niveau de vie des Malgaches ne cesse de régresser depuis l’indépendance en 1960, un cas unique pour un pays qui n’a pas connu de conflits majeurs ; d’autre part, à chaque fois que le pays s’est engagé sur la voie de la croissance, celle-ci a été brutalement interrompue par une crise socio-politique, mettant à bas les espoirs qu’elle avait suscités. Pour éclairer ce contexte spécifique, les auteurs décryptent l’« énigme » et le « paradoxe » malgaches en procédant à une lecture d’économie politique dans le temps long et en s’appuyant sur des données statistiques de première main.

La trajectoire du pays est analysée à l’aune des théories du développement. L’identification des rentes et des stratégies d’acteurs, le rôle de la violence, le fonctionnement des institutions, la sociologie des élites malgaches ainsi que le rapport entre les citoyens et le pouvoir sont également parmi les grands thèmes traités dans cette analyse. En dépit de sa spécificité, Madagascar est emblématique d’une situation commune à de nombreux pays du Nord comme du Sud. La fragilité des coalitions entre élites y nourrit une instabilité systémique d’autant plus grande qu’elle vient se greffer sur un mécontentement populaire préexistant et récurrent, suscité par des distorsions fortes entre améliorations au quotidien et aspirations au développement. Un ouvrage à la fois documenté et accessible, pour mieux comprendre Madagascar et pour appréhender les différentes dimensions du développement au Sud. En lisant ce livre écrit par des chercheurs francophones, nous comprenons parfaitement ce que veut dire, suivant les auteurs, le mot « paradoxe » et également le mot « énigme ».

Dans un second temps, nous pouvons également parler du paraxode d’Abilene si l’on veut encore plus apprécier ce que le mot paradoxe veut également dire. Le paradoxe d’Abilene, exposé par le sociologue Jerry B. Harvey, concerne la relation à la prise de décision au sein d’un groupe et est le résultat d’un phénomène de pensée de groupe. Présenté dans son ouvrage The Abilene Paradox and Other Meditations on Management, il est une illustration de la difficulté d’un groupe à prendre une décision et gérer collectivement son accord. « Par une chaude après-midi, un jeune couple est en visite chez les parents de la femme à Coleman, au Texas. La famille joue tranquillement aux dominos sous le porche, jusqu’au moment où le beau-père propose d’aller dîner à Abilene, à 80 kilomètres de là. La femme dit : « Ça paraît une bonne idée.  » Le mari est plutôt réservé car le trajet sera long et chaud, mais il croit que ses préférences divergent de celles du groupe et dit : « Ça me semble bien. J’espère juste que ta mère en a envie.  » La belle-mère dit alors : « Bien sûr que j’en ai envie. Ça fait longtemps que je ne suis pas allée à Abilene.  » Le trajet est effectivement torride, poussiéreux et long. Quand ils arrivent à la cafétéria, la nourriture est aussi mauvaise que la route. Ils rentrent chez eux quatre heures plus tard, épuisés.

L’un d’eux dit, sans sincérité : « C’était une super balade, hein ?  » La belle-mère dit qu’en fait elle aurait préféré rester à la maison mais qu’elle a accepté puisque les trois autres étaient si enthousiastes. Le mari dit : « Je n’étais pas ravi. Je n’y suis allé que pour vous autres.  » La femme dit : « J’ai accepté pour te faire plaisir. Il aurait fallu que je sois folle pour avoir envie de sortir par cette chaleur.  » Le beau-père dit alors qu’il n’avait fait cette proposition que parce qu’il pensait que peut-être les autres s’ennuyaient. Le groupe est tout déconcerté par le fait qu’ils ont décidé ensemble de faire quelque chose dont aucun d’eux n’avait envie. Chacun aurait préféré rester tranquillement là, mais ne l’a pas reconnu quand il était encore temps de profiter de l’après-midi. »

Dans la fable que propose Jerry Harvey, aucun des quatre membres d’un groupe ne souhaitait se rendre à Abilene mais, par crainte de s’offenser et de se contredire mutuellement, ils y finissent tous.

Les paradoxes, à Madagascar ou ailleurs, il y en aura toujours. Nous pouvons ainsi soit vivre avec et nous accommoder, soit commencer à nous demander ce que nous, Malagasy, voulons réellement.

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