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La corruption persiste à Madagascar : quid de l’enrichissement illicite des autorités ?

Quatre structures pour combattre la corruption à Madagascar, pourtant elle persiste. La loi n° 2016  – 020 sur la lutte contre la corruption précise certaines incriminations de la corruption ainsi que ses différentes manifestations, comme le détournement de deniers publics ou encore les conflits d’intérêts. D’ailleurs, l’article 33 de cette loi modifie et complète l’article 183.1 du Code pénal malgache qui dispose que : « sera punie d’un emprisonnement de 6 mois à 5 ans et d’une amende de 10 millions d’Ariary à 200 millions Ariary, toute personne dépositaire de l’autorité publique ou chargée d’une mission de service public, toute personne investie d’un mandat public électif, tout dirigeant, mandataire ou salarié d’entreprise publique qui ne peut raisonnablement justifier une augmentation substantielle de son patrimoine par rapport à ses revenus légitimes ».

On dit souvent que la corruption est le premier obstacle au développement de Madagascar. Et si les actions des autorités elles-mêmes étaient à l’origine de cet obstacle ? D’ailleurs, il y a quelques semaines, nous avons appris que seuls quelques ministres ont déclaré leur patrimoine. De plus, il n’est pas rare de constater que les membres du gouvernement, députés, sénateurs ainsi que différents agents de l’Etat hauts placés s’enrichissent matériellement de manière surprenante. Pourtant, depuis deux décennies, Madagascar a fait le choix de lutter contre la corruption en mettant en place un certain nombre de réformes et de renforcement du cadre institutionnel et législatif. Il s’agit notamment de la mise en place de différentes structures, à savoir le Comité pour la sauvegarde de l’intégrité (CSI), le Bureau indépendant anti-corruption (BIANCO), le Service de renseignements financiers (SAMIFIN), les Pôles anti-corruption (PAC) et l’Agence de recouvrement des avoirs illicites (ARAI). D’ailleurs, la prestation de serment du directeur général de cette dernière a eu lieu, il y a quelques jours, lors d’une cérémonie solennelle à la Cour suprême, en présence du Président de la République. 

Mais malgré ces initiatives mises en place par les gouvernements qui se sont succédé au pouvoir, il est évident que les résultats escomptés n’ont pas été atteints. Puis la question de l’enrichissement illicite des autorités ne fait pas l’objet de mesures spécifiques. Par ailleurs, n’oublions pas que le favoritisme (octroi d’un avantage injustifié par une autorité ou un agent public, à lui-même ou à autrui) ou encore le trafic d’influence (solliciter des offres, promesses, dons ou avantages pour abuser de son influence en vue de faire obtenir d’une autorité ou d’une administration publique des distinctions, décorations, emplois, marchés ou toute autre décision favorable) font aussi l’objet de poursuites pénales.

La corruption est non seulement persistante mais a gagné du terrain dans un contexte généralisé d’instabilité politique et institutionnelle et d’affaiblissement de l’Etat. Faut-il alors réfléchir à d’autres initiatives plus efficaces pour libérer le pays de ce fléau ? Et si le mauvais exemple venait vraiment « du haut » ?

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